Mac ou PC ? #trollBonjour mes tous petits amis ! Vous allez bien ? Je ne vous ai pas trop manqué ? Me voilà de retour pour vous permettre d’hurler au fanboy !

Pourquoi donc ce comeback ? Parce qu’un « journaliste » du Nouvel Obs a pondu un papier qui a fait du bruit dans la twitosphère, et que troller en 140 signes c’est compliqué. Allez donc lire l’article de Julien Guillot ici, puis revenez pour la suite.

Le PC se meurt

Premier paragraphe, il annonce que le PC est en déclin au profit du Mac. C’est violent, et ça choque. La tendance est pourtant là, les parts de marché d’OS X sont en hausse au détriment de Windows (source). Cette tendance commence à dater, et trouve plusieurs explications :

  • l’image de la marque, déjà boostée par l’iPod, est au top avec l’iPhone et l’iPad ; Apple c’est fashion (et si vous achetez pour cette raison vous êtes con)
  • forcing d’Apple chez les étudiants, avec des programmes avantageux à chaque rentrée ; le nombre de Macbook dans les facs US est en progression constante. Les iPads aussi.
  • ils ont pris les bonnes décisions et n’ont jamais voulu faire de Netbooks (le marché se casse la gueule au bout de 2 ans, cf. Lenovo qui se retire). Le Macbook Air a fait un carton, malgré le pari de livrer un portable sans lecteur optique et son prix élevé ; les tablettes grignotent effectivement des parts de marché au monde du PC traditionnel, et 80 à 90% des tablettes sont des iPads.

Après, qu’on soit bien d’accord, parler de déclin pour un OS aussi dominant que Windows me semble abusif. En revanche, si on regarde Microsoft qui prend son plus gros risque depuis sa création avec le lancement d’un Windows très orienté touch / grand mère du Cantal, ou Dell, contraint d’entamer une migration vers un business plus orienté service que hardware, on peut se dire que le vent tourne un poil, tout de même, et que les grands d’aujourd’hui ne le seront peut être plus demain.

Le PC maudit

Là, on arrive au point mytho de l’article, le PC qui met 10 minutes à booter XP et 10 minutes à établir les connections réseau. J’imagine qu’avec un disque dur 5400 tr/m avec un plateau vrillé, une tétrachiée de virus et un conflit d’adresses ip, ça peut arriver, mais ça semble tout de même exagéré. Ce qui est vrai en revanche, c’est qu’un utilisateur qui débute sur un OS et qui rencontre des problèmes de ce type ne saura pas les résoudre, qu’il s’agisse d’un Mac ou d’un PC. C’est moins probable sur Mac, par l’absence de virus et le fait qu’OS X tourne sur une liste de hardware très restreinte, mais ça peut aussi arriver et être problématique pour un débutant.

L’ergonomie

Notre journaliste en herbe nous narre son calvaire pour utiliser son PC, en faisant un comparatif très hasardeux entre Windows XP, qui va fêter ses 11 ans cette année, et OS X Lion sorti l’été dernier, et entre un clavier Mac avec des touches multimédia et un clavier PC sans ces fonctions. Forcément, il achève de se décrédibiliser. J’ai déjà fait le tour du sujet dans mes articles précédents, et je pense effectivement que OS X est sensiblement mieux pensé que Windows, mais dans tous les cas un utilisateur qui fait le changement dans un sens ou dans l’autre va rager pendant au moins deux mois, si il est motivé pour faire la bascule, avant de s’habituer à une logique totalement différente. Ou ne jamais s’habituer comme le Captain Web et sa mauvaise foi légendaire. Je pense même que plus l’utilisateur est compétent sur son OS, plus le changement est douloureux (je ne dis pas ça parce que je pense que Captain est compétent, hein). Si la personne se contente de faire des mails et du web, le switch se fera sans douleur (et n’aura que peu d’intérêt).

Le parallèle avec Android

Je vais en surprendre plus d’un : je suis d’accord avec notre pote du Nouvel Obs sur ce point. Les commentaires s’enflamment pour défendre Android, mais le nombre de soucis qui polluent cette plateforme me semblent effectivement sans appel, avec en vrac :

  • la fragmentation massive du matériel, que ce soit en terme de taille d’écran, de puissance ou du nombre et du placement des boutons physiques.
  • la fragmentation massive au niveau de l’OS, nombre de constructeurs refusant de sortir les mises à jour pour leur devices, ou les sortant avec un an de retard. Combien d’entre vous sont sur Android ? Et combien sont sur Ice Cream Sandwich ?
  • un manque de cohérence graphique et ergonomique
  • le store pollué par une avalanche de merdes, et la qualité globale des applications encore en retard par rapport à iOS (en partie à cause des 2 premiers points).

Je ne dis pas que tout est à jeter dans Android, hein. J’adorerai avoir des widgets sur mon iPhone, un multitâche un peu plus multitâche, et un gestionnaire du store un peu moins despotique. Et un iPhone 4S aussi, parce que j’ai pas les moyens de changer mon vieux 3GS. Comme pour les PCs, la raison numéro un du succès reste le prix. C’est aussi pour ça que l’iPad cartonne.

Oui bon en fait

Je voulais défendre le petit Julien Guillot, qui en a pris plein la tronche ces derniers jours, et en essayant de rédiger un article objectif pour pas trop me faire taper dessus je me suis rendu compte qu’il n’était pas vraiment défendable ; trop de maladresses, surtout quand on rajoute sa volonté de fourguer son bouquin pour passer de PC à Mac.

Ce qui m’exaspère, pour conclure, c’est cette levée de boucliers systématique dès que quelqu’un parle d’Apple en bien. Je suis persuadé qu’un article du même genre pour défendre Windows face à OS X n’aurait pas eu le même retentissement, et je trouve cette gué-guerre totalement ridicule. On pourrait pas une bonne fois pour toute admettre que Windows et OS X ont leurs avantages et leurs inconvénients, que passer de l’un à l’autre est une galère sans nom, qu’Apple fait du beau matériel bien pensé, que l’iPad est la meilleure tablette sur le marché, et que si on avait les moyens on aurait tous un iPhone et pas un Samsung Galaxy Nexus Tab S4 Turbo ? Non ? Bon ben tant pis…