Voilà bien longtemps que nous n’avions plus entendu parler de cette fameuse rémunération que la Hadopi devait verser aux FAI pour l’identification des IP (celles des petits branleurs se faisant chopper en plein téléchargement de « Plus belle la vie », les amateurs de DeathGrind downloadant illégalement les titres de NecroFist étant relativement à l’abris de ce type d’inconvénient).

Joie et bonheur, grâce à un article  d’EmPaquette, j’apprends aujourd’hui que c’est minimum 2,5 millions d’euros que les fournisseurs d’accès réclament, et cela uniquement pour Orange, SFR et Free. Une somme non négligeable qu’ils risquent pourtant d’attendre longtemps, étant donné que la haute autorité a bien l’intention de s’asseoir sur la facture, comme seul peut se le permettre un organisme d’état. Dans le détail, c’est environ 11.000 demandes d’identification qui ont donc été envoyées chaque jour aux FAI, soit à la louche 3 millions par an. Enorme, sauf si nous avons la mauvaise idée de mettre le nombre en rapport avec le total de dossiers finalement envoyés devant un juge : 165.

Sachant qu’une bonne moitié de ces dossiers risquent de sauter lors de cette dernière étape, on peut donc estimer sans trop se tromper que chaque condamnation aura coûté la modique somme d’environ 150.000 € (rappelons le budget annuel du bordel : 12 millions). Un peu cher comme thérapie dont le seul résultat avéré est d’avoir fait découvrir aux français le Direct Download et les VPN suisses à 5€.

D’ailleurs, si vous vous intéressez au renflouage du Concordia de l’industrie de la musique, je vous invite chaudement à lire ce rapport sur « L’évolution des marchés de la musique en France » écrit en 2010. Vous y apprendrez que si le chiffre d’affaire des majors s’est bien pris une grosse biffle en 10 ans, la chute est aussi une simple conséquence du passage au numérique, transition qui a complètement changé notre façon de consommer de la musique. En effet, là où vous aviez l’habitude en 2003 de payer un « single » 4€ (en étant au passage obligé de vous bouffer quelques morceaux dont vous n’aviez rien à foutre), vous n’achetez plus aujourd’hui que le titre qui vous intéresse à 99 cents. En comparant ainsi les téléchargements de titres en 2010 et les ventes physiques de CD singles en 2003, le rapport en arrive à la conclusion que si les ventes ont bien progressé de 35%, le chiffre d’affaire a quant à lui chuté de plus de 71% sur la même période. CQFD.

De quoi là aussi remettre en perspective tout ce pognon claqué par l’état dans le sauvetage d’une industrie privée dont le seul problème est peut être simplement d’avoir refusé de voir l’évolution irréversible de son marché.

Ok, il y avait beaucoup de chiffres alors quelques news en mode Quick & Dirty pour vous reposer :

A dans quelques heures pour la mise en ligne du podcast #105, sinon on se retrouve demain pour l’enregistrement live du #106!