arpanet-5Ce ne sera pas une grande nouvelle pour ceux qui suivent attentivement l’actualité High Tech: à force de muter sans cesse techniquement, Internet commence à ne plus ressembler à rien. Notre réseau mondial, merveille de technologie à sa naissance, est en effet devenu en quelques décennies un monstre de foire qui a de quoi faire chier dans son froc le premier scientifique venu.

Et oui, comme on commence à l’entendre ici et la, Internet is broken. Cet alarmant constat, largement relayé outre atlantique, est d’ailleurs à la base de nombreuses réflexions sur une refondation complète du réseau. Un reboot technique en quelques sortes, qui permettrait cette fois de prendre en compte dès le départ la véritable nature du bordel, chose qui n’avait pas été faite à sa création.  Inutile de blâmer les fondateurs de notre univers numérique, il faut bien avouer que personne à l’époque n’aurait pu penser qu’Internet allait devenir ce qu’il est aujourd’hui.

Probable d’ailleurs que si le Captain pouvait remonter le temps pour annoncer à Vinton  G.Cerf que ses travaux allaient faire naitre des empires commerciaux et que même des sites aussi inutiles que Facebook arriveraient à dégager plus de 500 millions de revenus, il se serait bien foutu de ma gueule.

Forcément, comment imaginer dans les années 70 qu’Arpanet, réseau originalement dédié aux militaires et aux scientifiques, deviendrait en seulement trois décennies le plus grand supermarché du monde? Dur aussi de deviner que 24 heures de vidéos seraient envoyées chaque minute sur les serveurs de Youtube et que le réseau serait utilisé par des centaines de millions de connards pour jouer au solitaire en réseau ou participer à des concours de machines à tuer.

Ce sont toutes ces utilisations détournées de l’Internet original qui ont fait du réseau l’immense boxon qu’il est aujourd’hui : une entité étrange composée de milliers de couches de programmes mal foutu et de matériels incompatibles. Autant de petits éléments qui assemblés, permettent par miracle au vieil ancêtre de continuer à nous servir si bien.

Alors certes, il est tentant de vouloir faire table rase du passé pour repartir sur de bonnes bases, mais ce serait un peu vite oublier que, malgré tout, le foutoir actuel a certains avantages. Le minimum d’anonymat et de liberté actuellement possible en font parties. Je n’irais pas parier que nous ne serions pas obligé de nous les foutre au cul si demain naissait un « Internet 2 ».

En vrac et super en retard :

Tout est dit ou presque, vous pouvez retourner perdre votre temps ailleurs jusqu’à la prochaine revue de Web qui sera rien de moins que la numero 100 ! Des fois je m’impressionne moi même tellement je suis génial.