gfailCombien de temps un site web doit t’il rester en beta version avant d’être officiellement considéré comme stable? Difficile à dire, d’autant plus que deux projets Web sont rarement comparables et qu’on ne teste pas un site e-commerce de gode-ceinture comme on testerait celui du traiteur chinois du bas de la rue.

En tout cas, pour Google, une demi-décennie ce n’est manifestement pas encore assez. La preuve, Gmail qui fête ses cinq ans dans quelques heures, est encore et toujours en bêta version. Aucun de ceux qui, comme moi, ont trainé dans les newsgroups les plus sordides du net pour obtenir une invitation en 2004 ne pensait que le Webmail de Google arborerait toujours le signe Grec autant de temps après. Remarquez bien, vu les plantages du service ces derniers temps, la beta est peut-être bien justifié, sans compter qu’elle permet de faire de beaux bras d’honneur aux utilisateurs qui oseraient se plaindre du service.

Depuis cette époque bien lointaine (cinq années sur Internet, c’est déjà l’antiquité), les choses ont bien changé. L’encyclopédie Encarta par exemple, dont l’abandon définitif vient d’être annoncé aujourd’hui par Microsoft, semblait encore promise à un bel avenir en 2004. Les adresses IPV4 étaient encore libres par centaines de millions, et peu de monde se souciait sérieusement de savoir sur quelles IP on hébergerait les nouveaux serveurs de porntube dix ans après. Et puis bien sur, le projet de loi Hadopi n’était encore qu’un rêve lubrique dans le cerveau de Pascal Negre.

Cinq ans plus tard, le rêve de certains est sur le point de devenir réalité et l’assemblée Nationale adopte contre tout bon sens le filtrage de l’Internet, mettant pour l’occasion en place une autorité administrative aux ordres du gouvernement dont l’unique tache sera de punir les internautes.

Ce n’est pas pour faire le vieux con, mais le Captain va finir par regretter ce lointain passé ou on se tapait 70 bornes de RER pour échanger des kilos de disquettes avec un mec trouvé dans les annonces du journal Joystick. Si à l’époque la technologie ne nous permettait pas de pirater à distance, le cul tranquillement posé dans nos fauteuils, elle avait également l’avantage de ne pas transformer jusqu’au dernier d’entre nous en présumé coupable.

Le vrac du jour :

Tout est dit ou presque, vous pouvez retourner pécher du bon gros poisson d’avril jusqu’à demain soir pour la prochaine revue de Web de votre Capitaine préféré.